THE NATURE OF MINDText Box:  
IN ISLAMIC PHILOSOPHY

L’amour de Dieu dans le Kitab al-Mabda’ wa l-ma‘ad de Molla Sadra

By: Yahya M. Michot

 

I l est question d’amour en plusieurs pages des Asfar, la grande somme philosophique du plus fameux sage de Shiraz dont ce congrès mondial honore la memoire.

Ainsi, si les mouvements celestes sont les mouvements les plus nobles, c’est parce qu’ils sont des mouvements “d’amour et de desir” (‘ishqi shawqi) et que leurs moteurs sont “des amoureux divins, des anges intellectuels et d’autres, psychiques”, la motion des sphères par les premiers etant “une motion a titre de fin, a savior la motion d’un moteur immobile, a l’instar de la motion de l’amoureux (‘ashiq) par le bien-aime (ma‘shuq) et de la motion de l’etudiant par le professeur ou, plutot, par la quiddite du savoir”. [1]

De manière plus generale, il peut être etabli que “l’ensemble des existants sont amoureux (‘ashiq) de Dieu – Loue est-Il! – et desireux de Le rencontrer et de parvenir á la demeure de Sa generosite”.[2] La structure et le fonctionnement de l’univers etant ce qu’ils sont, cet amour de Dieu peut cependant s’accompagner d’un amour pour Ses creatures, miroirs de Sa manifestation, et l’amour du cree conduire a aimer le Createur. D’où entre autres l’integration, dans la spiritualite du Shirazi, d’un amour chaste des beaux visages d’adolescents et, plus globalement, de la “beaute humaine en laquelle il y a beaucoup des traces de la beaute de Dieu et de Sa majeste”.[3] La realite s’accompagne de metaphres, et “la metaphore est le pont menant a la realite: al-majaz qantarat al-haqiqa”. Que ce soit de manière directe ou detournee, il n’y a jamais que Dieu qui soit vraiment aime et il n’est de veritable amour que de Lui. Faut-il enfin preciser qu’objet d’amour absolu,[4] l’essence de Dieu est bien entendu aimee de Lui-ême encore plus que de Ses creatures?

L’amour de Dieu, compris au sens de l’amour portant sur Dieu, fait a vrai dire l’objet, dans les Asfar, d’un traitement long et precis en lequel on reconnait de multiples influences avicenniennes. Qu’en est-il neanmoins de l’amour de Dieu au sens de l’amour dont Dieu est non plus l’objet mais le sujet? Certes, un amour divin subjectif est de soi implique dans toute affirmation que l’essence de Dieu est aimee de Lui-même. Dieu, cependant, n’aimerait-Il que Lui-même? En d’autres termes, quid d’un amour, par Dieu, de Ses creatures? Force est de constater le peu d’attention accorde par Molla Sadra, dans les Asfar, a ce second aspect de la problematique de l’amour divin. Alors que, par exemple, il consacre une section a “l’amour des elegants et des ephèbes pour les beaux visages”,[5] il n’en reserve aucune a l’amour subjectif de Dieu. Avicenne intitule pourtant ainsi un des chapitres de la Najat relatifs aux attributs divins: “Que [l’existant necessaire] est par essence aimable et aimant, plaisant et trouvant du plaisir. Que le plaisir consiste en la saisie du bien qui convient”.[6] Dans la theodicee des Asfar, on chercherait en vain un titre equivalent. Reste donc a glaner les allusions a cet amour se rencontrant ici et la dans l’ouvrage. Il apparait alors que le Shirazi l’envisage principalement selon deux angles.

D’une part, l’amour de Dieu pour le cree participe de Son amour de Lui-même: “Il est celle des choses qui a le plus de jouissance (bahja) et d’amour (mahabba) de son essence et, [partant], de ce qui s’ensuit necessairement comme biens de son essence, en tant qu’il s’agit de biens”.[7] – “L’existence, s’agissant de toute chose, est aimable (mahbub), plaisante. En rajouter est egalement plaisant et recherchable. Le parfait sous l’ensemble des aspects est donc aime de Son essence et voulant Son essence par essence, de même que [voulant] ce que suit Son essence en fait des biens s’ensuivant necessairement par accident. [Ces biens] sont donc aimes de Lui non par essence mais par consecution et accident”.[8]

“Rien, parmi les existants, n’est donc denue d’une part de l’amour (mahabba) divin, de l’amour (‘ishq) divin et de la providence seigneuriale. Si cela en etait denue un instant, cela disparaitrait en effet et perirait”. [9]

D’autre part, “la volonte et l’amour (mahabba) sont une seule et même chose, comme la science. Et, s’agissant du Necessaire Très-Haut, ils sont identiques a Son essence”.[10]

Une vision minimaliste et ontologisante, focalisee sur l’essence divine, voila a quoi peut en fait se resumer l’approche sadrienne de l’amour subjectif de Dieu dans les Asfar. Inutile par ailleurs d’esperer un traitement plus ample et plus riche du thème dans ces deux autres oeuvres particulièrement importantes que sont Le Livre des Penetrations metaphysiques[11] et La Sagesse du Trone.[12] Le manque d’interêt du Shirazi pour ce philosophème y est en effet encore plus patent.

Une telle situation ne manque pas d’interroger l’historien de la pensee musulmane. Elle illustre en effet une position deliberee dans un debat theologique pluriseculaire qu’il convient d’evoquer brièvement. Ibn Taymiyya (ob. 728/1328) en eclaire utilement la teneur et precise l’identite de plusieurs de ses protagonistes:[13]

“[Divers] groupes de [savants] et de Docteurs ont eu pour doctrine que Dieu Lui-même n’est pas aime et que [L’] aimer, c’est seulement aimer Lui obeir et L’adorer. Lui, ont-ils dit, n’aime pas non plus Ses serviteurs, les croyants. Son amour est seulement Sa volonte d’agir bellement envers eux et de les gouverner.

“Parmi les adeptes de la theologie (kalam), des gens s’attachant a soutenir la Sunna se sont mis a tenir de tels propos. Même [divers] groupes de compagnons de Malik [b. Anas], d’al-Shafi‘i et d’Ahmad [b.Hanbal] y sont tombes. Ainsi le cadi Abu Bakr,[14] le cadi Abu Ya‘la,[15] Abu l-Ma‘ali l-Juwayni[16] et leurs pareils. Il s’agit en realite d’une ramification du Jahmisme et du Mu‘tazilisme. Le premier qui nia l’amour, dans l’Islam, fut Ja’d b. Dirham,[17] le maitre d’al-Jahm b. Safwan[18] […]

“Ce que prouvent le Livre et la Tradition, et sur quoi il y a accord des Anciens de la communaute, de ses imams et des Shaykhs de la Voie [mystique], c’est que Dieu aime (yuhibbu) et est aime (yuhabbu). C’est pourquoi ceux des adeptes de la theologie qui ont soufise ont ete d’accord avec eux a ce sujet. Ainsi Abu l-Qasim al-Qushayri,[19] Abu Hamid al-Ghazali et leurs pareils. Abu Hamid [al-Ghazali] a soutenu cela dans La revivification [des sciences de la religion] et ailleurs. Abu – Qasim [al-Qushayri] a, de même, evoque cela dans [son] Epitre, selon la voie des Soufis, comme c’est le cas dans le livre d’Abu Talib [al-Makki][20] nomme La nourriture des coeurs. Alors même qu’il suivait a ce sujet les soufis, Abu Hamid [al-Ghazali] s’est [aussi] base a ce propos sur ce qu’il a trouve, dans les livres des philosophes, comme etablissement de l’existence de quelque chose de ce type, la ou ils disent que [Dieu] aime (ya’shaqu) et est aime (yu’shaqu)”.[21]

Dans un autre texte, le grand Shaykh damascain insiste sur la gravite de toute negation de l’amour des creatures pour Dieu et de toute reduction de l’amour de Dieu pour le cree a Sa volonte:[22]

“La masse de ces theologiens du Kalam a nie que Dieu soit aimable, ou qu’Il aime une chose, ou que quelqu’un L’aime. C’est la, en realite, nier qu’Il soit Dieu (ilah), adorable. Le Dieu (al-ilah), c’est en effet le divinisable (al-ma’luh), qui est en droit d’être divinise (uliha) et adore. La soumission a Dieu (ta’alluh) et l’adoration (ta’abbud) impliquent d’aimer a l’extrême et de s’humilier a l’extrême. Beaucoup de ces [theologiens] furent cependant accuses de se tromper et eurent donc pour opinion que la divinite (al-ilahiyya), ce serait la puissance de creer, que Dieu, al-ilah, aurait le sens d’[un participe actif] al-alih, “le creant”, que les serviteurs, Dieu alaha-hum, “les aurait crees”, et non qu’eux ya’lahuna, “divinisent” Dieu. Ainsi cela a-t-il ete evoque par un groupe d’entre eux – al-Ash‘ari[23] et d’autres.

“Voyant, parmi les preuves du Livre et de la Tradition, des propos des Anciens et des Shaykhs des gens [possedant] la connaissance, les [elements] prouvant qu’il faut que Dieu soit aimbable, un troisième groupe en vint a confesser que Dieu est aimable mais que Lui-même n’aime une chose qu’en ce sens: [la] vouloir. L’ensemble des choses etant voulues de Lui, elles sont donc aimees de Lui. C’est la la voie de beaucoup des adeptes de l’examen, de l’adoration et du hadith, tels Abu Isma’il al-Ansari,[24] Abu Hamid al-Ghazali et Abu Bakr Ibn al-‘Arabi.[25]

“La realite de ces dires, c’est que Dieu aime la mecreance, la perversite et la desobeissance, et qu’Il les agree. Et c’est ce qui est celèbre au sujet des dires d’al-Ash’ari et de ses compagnons. Il fut le premier, rapporte Abu l-Ma’ali [l-Juwayni], a dire cela. Ibn ‘Aqil[26] rapporte de même que les premiers a avoir dit que Dieu aime la mecreance, l’impiete et la desobeissance furent al-Ash’ari et ses compagnons.

“Peut-être diront-ils qu’Il n’aime pas cela comme religion, ni ne l’agree comme religion, de même qu’ils disent qu’Il ne le veut pas comme religion, c’est-a-dire qu’Il ne veut pas que celui qui le fait soit recompense.[27] Quant a la [chose] elle-même, elle est [cependant] aimee de Lui comme le reste des creatures. Pour eux, ces dernières sont en effet aimees de Lui etant donne qu’il n’y a, pour eux, qu’une seule et même volonte, englobant tout cree. Tout cree est donc, pour eux, aime, agree [de Dieu].

“Les masses des Musulmans en ont connaissance, on sait necesairement le caractère corrompu de tels dires”.

Que Molla Sadra dans les Asfar ou ailleurs, ait des reticences a parler de l’amour subjectif de Dieu peut se comprendre. Il lui serait en effet possible de se revendiquer de precedents fameux en la matière, et pas exclusivement chez les Mu‘tazilites. Idem pour son identification de l’amour et de la volonte divines. Demeure neanmoins, alors, le risque de prêter le flanc a des reproches de derive jahmisante ou d’affirmation que Dieu “aime la mecreance, la perversite et la desobeissance” du genre de celles qu’un Ibn Taymiyya porte dans les textes cites ci-dessus. Demeure par ailleurs, et plus fondamentalement même, la question de son intelligence personnelle d’une thèse de ce type: “Ce que prouvent le Livre et la Tradition, et sur quoi il y a accord des Anciens de la communaute, de ses imams et des shaykhs de la Voie [mystique], c’est que Dieu aime (yuhibbu) et est aime (yuhabbu)”.

C’est en rapport a ce caractère problematique de l’approche de l’amour subjectif de Dieu dans les Asfar que j’aimerais examiner ici quelques pages du Livre de la genèse et du retour[28] du sage de Shiraz. Le deuxième des trois discours (maqala) du premier fann de l’ouvrage, consacre aux attributs du Très-Haut, presente en effet le grand interêt de se terminer par une mise au point de cinq pages intitulee “Des modalites de Son amour (mahabba) – Très-Haut est-Il !  - pour les creatures”. Et, comme s’il n’y avait point deja, en ce simple fait, de quoi combler le chercheur laisse sur sa faim par les Asfar, il se revèle bientot, pour son plus grand bonheur, que les pages en question ne sont rien d’autre qu’une variation philosophique, nullement annoncee, sur un long passage du Livre de l’amour de l’Ihya’ d’al-Ghazali![29]

Une variation philosophique, c’est-a-dire non pas un resume ni une paraphrase mais une reflexion s’infiltrant dans le texte Ghazalien pour le reformuler et le remodeler, tout en en conservant la trame fondamentale, en fonction des exigences d’une inspiration autre. Il vaut la peine de suivre le mot a mot d’un tel exercice en le visualisant. Aussi commencerai-je par donner la traduction complete des deux textes Ghazalien et sadrien l’un en regard de l’autre, en deux colonnes, ces dernières incomplètement distinctes neanmoins car regulièrement soudees l’une a l’autre au moyen des elements de l’Ihya’repris tels quels par le Shirazi.

Traduction

AL-GHAZALI

Ihya’, livre XXXVI

Expose de l’amour (mahabba) de Dieu pour [Son] serviteur, et de son sens

MULLA SADRA

Al-Mabda’wal l-ma’ad

Des modalites de Son amour (mahabba)- Très-Haut est-Il! -pour les creatures

Sache-le, les temoignages du Coran


 

Et   d u   hadith

 

 


 

Se complètent l’un l’autre pour demontrer que le Dieu Très-Haut aime (yuhibbu)


 

Ses serviteurs.

Son serviteur                                         


 

Il est donc indispensable de connaitre

Le sens de cet [amour].                            Cet [amour]et ses modalites.

Presentons


 

Les temoignages [coraniques] de Son amour.

 

 

 

 

-en premièrement les 

temoignages transmis par la

 religion (naqli), puis la

demonstration rationnelle

 (al-burhan al-‘aqli).


 

Le Dieu Très-Haut a dit: “Il les aimera et ils L’aimeront”.[30] Le Très-Haut a aussi dit que:

“Dieu aime ceux qui combattent dans Son chemin en rang [serre]”.[31] Le Très-Haut a aussi dit: “Dieu aime les repentants et Il aime ceux qui se purifient”.33

Voila pourquoi Il a retorque-Loue est-Il! – a qui pretendait être l’aime (habib) de Dieu: “Dis: “Pourquoi vous tourmente-t-Il pour vos peches?”35

Anas a rapporte, a propos du Prophète – Dieu prie sur lui et lui donne la paix ! – qu’il a dit: “Lorsque le Dieu Très-Haut aime un serviteur, aucun peche ne lui porte dommage. Celui qui se repent du peche est comme quelqu’ un qui n’a pas de peche”. Puis il recita: “Dieu aime les repentants36”.

 

Le sens de ceci, c’est que lorsqu’Il l’aime, Il revient vers lui avant sa mort, si bien que ses peches passes ne lui portent pas dommage, mecreance passee ne porte pas dommage après qu’on devient musulman.

Le Dieu Très-Haut a donc fait de l’amour la condition du pardon du peche. Il a dit: “Dis:

“Dieu aime les repentants et Il aime ceux qui se purifient”.32 Il y a aussi Ses paroles: “Dieu aime ceux qui combattent dans Son chemin en rang [serre]”.34

 

 

 

 

 

[Il est rapporte],a propos du Prophète

-Dieu prie sur lui et sur sa famille ! –qu’il a dit: “Lorsque Dieu aime un serviteur, aucun peche ne lui porte dommage. Celui qui se repent du peche est comme quelqu’un qui n’a pas de peche”.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dieu a donc fait dependre de l’amour le pardon du peche. Il a dit:

“Si vous aimez Dieu, suivez-moi; Dieu vous aimera et Il vous pardonnera vos peches”.37

Le Messager de Dieu – Dieu prie sur lui et lui donne la paix ! – a egalement dit: “Le Dieu très-Haut donne ce bas-monde a celui qu’Il aime et a celui qu’Il n’aime pas, tandis qu’Il ne donne la foi qu’a celui qu’Il aime. Le Messager de Dieu

-Dieu prie sur lui et lui donne la paix ! – a egalement dit: “Celui qui s’abaisse devant Dieu, Dieu l’elève. Celui qui se grandit, Dieu l’abaisse. Celui qui se rappelle beaucoup de Dieu, Dieu l’aime”.

 

 

Il a aussi dit – sur lui  la paix !: “Le Dieu Tres-Haut a dit:

Il a aussi dit – Dieu prie sur lui et sur sa famille !-, en rapportant les propos du Dieu Très-Haut:

“Le serviteur ne cesse pas de se rapprocher de Moi par les actes surerogatoires que Je l’aime. Et lorsque Je l’aime,

Je suis son ouie par laquelle il entend, sa vue par laquelle il voit…”[73] Et le reste du hadith.38

Zayd b. Aslam a dit:

…” Et le reste du hadith.

 

 

On trouve egalement dans le hadith:

“Pour sur, Dieu aime [Son] serviteur au point d’en arriver, par amour (hubb) pour lui, a lui dire: “Fais ce que tu veux. Je t’ai pardonne”. Ce que l’on trouve comme mentions de l’amour

dans les hadiths rapportes par la voie des Gens de la Maison – sur leur ensemble les prières de Dieu !

depasse l’enumeration.

 

 

 

Nous l’avons rappele,

Que te suffise, comme temoignage, le fait qu’il est appele – Dieu prie sur lui et sur sa famille ! –l’aime de Dieu”.

Tu le sais,

L’amour du serviteur pour le Dieu Très-Haut est une realite et n’est pas une metaphore (majaz)

 

 

 

 

 

 

 

L’ “mour” (mahabba) en effet,

Pour le fait d’obtemperer aux commandements et de se detourner de ce qui est l’objet des interdictions, ainsi que le pretendent un group de theologiens du Kalam, tel al- Zamakhshari39 et ceux qui suivent ses traces.

Nous l’avons en effet expose, l’”amour” et ce qui en est synonyme,

Linguistiquement, exprime

L’inclination de l’ame vers

La joie [trouvee] a

La chose qui est en accord [avec le sujet] (muwafiq)

Tandis que l’ “amour” (‘ishq) exprime l’inclination excessive.  Nous l’avons expose, le bel-agir est en accord avec l’ame et la beaute est egalement en accord avec elle. La beaute et le bel-agir sont tantot saisis par la vue et tantot saisis par la clairvoyance. L’amour suit chacune d’elles deux. Il n’est pas proper a la vue.

Quant a

Qu’elle soit intellectuelle ou sensorielle, reelle ou [seulement] opinee. [156] Nous l’avons expose, le Necessaire Tres-Haut est plus beau que toute belle [chose].

 

 

 

 

 

De même,

I’amour de Dieu

Pour le serviteur, il n’est fondamentalement pas possible qu’il soit [comprendre] en ce sens.

 

 

 

Au contraire

-Très Haut est- Il ! – pour Ses creatures est reel et n’est pas une metaphore pour le fait de faire parvenir la retribution pour les actes d’obeissance, ainsi qu’ils l’ont pretendu.40 Il est, au contraire, [bien] superieur a cela. Eh oui,

Les noms-tous [les noms]-lorsqu’ils sont appliques au Dieu Très –Haut et a autre [chose] que Lui, ne sont pas appliques41 aux deux en un seul et même sens,

Fondamentalement.

A un seul et même degre

C’est a tel point que le nom “l’existence”, qui est le/a plus general/e des

Noms (al-asma’),

Choses (al-ashya’)

Pour ce qui est de l’homonymie, n’englobe pas

Le Createur et la creation

Le Necessaire et le possible

D’un/e seul/e et même

Point de vue (wajh).

Facon (nahj).

Tout ce qui est autre que le Dieu Très-Haut, bien au contraire,

Son existence derive de l’existence du Dieu Très-Haut. L’existence qui suit, en effet, n’est pas egale a l’existence qui est suivie. [Leur] egalite, pour ce qui est de se voir appliquer le nom [d’ “existence”], a seulement pour pareil le fait, pour le cheval et l’arbre, d’avoir en partage le nom de “corps”. En effet, le sens de la corpo reite, sa realite, est semblable en eux deux;sans [pourtant] qu’aucun des deux [le] merite [plus], de par le fait qu’il se trouverait fondamentalement en lui, la corporeite de l’un des deux ne derivant pas de l’autre. Il n’en va donc pas ainsi du nom “l’existence” pour Dieu, non plus que pour Sa creation. Et cette distanciation est encore plus apparente

Leurs existences sont des ombres et des simu lacres imitant l’existence du Reel Premier. Et malgre cela, l’application de “l’existence” a ce qui est autre que Dieu n’est pas une meta phore au sens linguistique (majaz lughawi) mais, bien plutot, une metaphore au sens gnostique (majaz ‘irfani), chez les Gens de Dieu. Semblablement

Pour le reste des noms, tells “la science”, “la volonte”, “la puissance”, etc. En rien de cela le Createur ne ressemble a la creation. Celui qui a institue

Le langage

Les langues

A premièrement institue ces noms pour les creatures seulement;

Les creatures en effet

Etant donne qu’elles

Precèdent le Createur dans les intellects et les entendements.

Leur utilisation a propos du Createur s’est donc faite par la voie de l’emprunt, de la tolerance et du transfert.

Et voila pourquoi le voyage se fait d’elles vers Lui – Très-Haut est-Il !

L’amour (mahabba),

Linguistiquement, exprime l’inclination de l’ame [74] vers quelque chose qui en accord [avec elle] et [lui] convient. On ne se represente cependant ceci qu’en une ame deficiente a laquelle manque ce qui est en accord avec elle, qui retirerait une perfection de son obtention et trouverait un plaisir a l’obtenir. Or tout ceci, pour le Dieu Très-Haut, est impossible.42 Toutes perfection et beaute, splendeur et majeste possibles, dans le cas de la divinite, sont en effet presentes, produites et de production necessaire, toujours et eternellement. On ne s’en represente ni le renouvellement ni la cessation. [Dieu] n’a donc point de regard pour autre que Lui, en tant qu’il s’agit d’un autre que Lui. Bien plutot, Son regard porte seulement sur Son essence et Ses actes; et il n’est, pour ce qui est de l’existence, que Son essence et Ses actes. Voila pourquoi le

Dans le cas des creatures, est accompagne de deficience et de bassesse. Dans le cas du Crea teur, il est d’une saintete preservee des insuf fisances, des deficiencies et des impuretes rele vant de la possibilite.

Quant a la demonstration rationnelle de l’existence de [l’amour] du Reel Très-Haut [pour le Cree], c’est ce qui a ete evoque pre cedemment celui qui aime une essence ayant les attributs de la magnificence et de la gran deur, de la puissance et de la liberalite, de la bonte et de la generosite doit immanquable ment aussi aimer ce qui provient de son essence, par son essence, comme effets et concomitants essentiels en jaillissant sans intervention d’autre [chose].

Si les effets de la chose et ses concomi tants avaient un autre aspect (haythiyya), dif ferent du fait, pour eux, d’être des effets et des concomitants de cette chose, il serait possible que se rattache a eux un amour inderent indedependant, d’un aure point de vue, different de celui [consistant dans] le fait qu’ils sont des suites. Mais lorsque les suites de la chose n’ont d’autre aspect que le fait d’être des suites d’elle, a l’instar des realites possibles par rap port au Reel Premier, conformement a ce que nous avons realise en son temps, il n’est possible que la joie se rattache a elles que du point de vue selon lequel il est trouve joie a Lui – Très-Haut est-Il ! Ou, plutot même, la joie trouvee aux concomitants du Reel Premier et a Ses effets est,en son identite même, la joie trouvee a Son essence – Très-Haut est-Il !

Quiconque aime un savant aime son oeuvre (tasnif) en tant qu’elle est son oeuvre. Or le monde en l’ensemble de ses realites, de ses dispositions et de ses formes est l’oeuvre du Dieu Très-Haut, sans [qu’il y ait la] d’autre aspect [a considerer], ainsi que nous l’avons evoque. L’amour du Dieu Très-Haut pour Son essence ayant ete etabli anterieurement-[cet amour] est Sa science mêmede Son essence, qui rassemble les attributs de la perfection et les qualificatifs de la beaute, est donc aussi etabli Son amour pour Ses concomitants et Ses effets, a savoir les existants du monde en leur entièrete.

Comme il est evident que l’existence du possible en lui-même et le fait, pour lui, d’être un des effets de la puissance du Dieu Très-Haut, sont [tous] deux [157] une seule et même affaire, sans differenciation – les existences des creatures sont en effet, en leur identite même, les faisceaux du flux du Reel et Ses epiphanies -,l’existence de tout possible n’est [rien d’autre] qu’un des points de vue de la perfection du Reel, de Son existence et de la joie qu’Il trouve a Son essence, la joie qu’Il trouve a l’ensemble de Ses actes et de Ses effets etant incluse en cette dernière de même que la science qu’Il a d’eux est incluse dans Sa science de Son essence.

En outre, les classes de l’existence des creatures different en proximite et lointainete par rapport au Principe le plus haut, en noblesse et en bassesse, en perfection et en deficience.

La creature qui a le plus de droit a l’amour du Rèel est le plus noble des possibles et le plus proche d’entre eux par rapport au Très-Haut dans les deux chaines du commencement et du retour, de la [vie] dernière et de la pre mière.

La suit, pour ce qui est de l’amour, ce qui [la] suit pour ce qui est du rapport [au Très Haut] et est proche d’elle pour ce qui est du degre de l’existence. Et de même, graduelle- ment, de plus aime en plus aime, jusqu’a ce qu’on aboutisse au plus bas des existants et au plus impur des desobeissants, a savoir Iblis pour les vivants et la hylè corporelle pour les morts. [Tous] deux sont en effet parmi les plus deficients des corps et des simulacres et les plus desobeissants des ames et des esprits.

Si avait ete possible, pour al-Zamakhshari et les autres theologiens du Kalam qui nient la providence du Dieu Très-Haut, ce qui le fut pour les connaissants extatiques [informes] de la generosite du Dieu Très-Haut pour Ses creatures et de l’excès de Sa bonte et de Sa  misericorde a leur egard, ainsi qu’au fait de l’amour, denue de l’insuffisance et de la defi-cience, qui revient en realite a la joie qu’Il trouve a l’existence de Son essence, dont tous bien et perfection, parure et beaute jaillissent, ils ne l’auraient pas niee. Du fait cependant qu’ils s’occupent d’autre chose que Dieu et Ses signes, une telle connaissance leur de meure voilee. Bien plus, etant donne que leurs intelligences sont confinees au monde visible, ils ne recoivent de guidance du Reel que vers le simple concept d’existence, ne parviennent pas au harem du decouvrement et de la vision, et ne savent pas que [nos] gens, au rang de la gustation et de la foi, ont atteint plus complet que le sensible et, par excès de desir et de tro vation, donnent liberalement aux esprits et aux ames.

Au

Shaykh Abu Sa‘id al-Mayhani 43

-le Dieu Très-Haut lui fasse misericorde !-, quand on lui lut

-sanctifie soit son secret ! –furent lues

Ces paroles du Très-Haut: “Il les aimera et ils L’aimeront”44

,dit:

.Il dit:

“Il les aimera en realite. Il n’aime en effet que Lui-même”. [Cette sentence est a comprendre] en ce sens qu’Il est

le tout et que,

toute l’existence et [que]

dans l’existence, il n’y a rien d’autre que Lui.

Or,

[C’est] comme pour

quelqu’un qui n’aime que lui-même, les actes de lui-même et les oeuvres de lui-même,/: son amour ne depasse45 pas son essence et les suites de son essence, en tant qu’

elles sont rattachees

il est rattache

A son essence. Il n’aime donc que lui-même.

[158] Considère, o [juge] equitable, le rang de ce shaykh a la demeure majestueuse et au rang important! Comment il a realise l’affaire et l’a comprise ! De même en effet qu’il a eu connaissance qu’aimer les effets propres d’une chose revient en realite a aimer cette chose-la même, il s’est decouvert a lui, du fait de [ses] exercices sapientiaux et pratiques, que les realites des existences des possibles ne sont [rien d’autre] que des effets du Reel Très-Haut et des suites de Lui, sans difference d’aspect ainsi que le pretendent les [gens] voiles [face a la verite] – a savoir que le fait, pour le possible, d’être existant est une chose et que le fait, pour lui, d’être un effet, une suite, est une autre chose, tant et si bien que la multiplicite s’ensuit necessairement, s’agissant de la realite de l’existence, et l’independance pour les choses, s’agissant de la generation (Kawn), en ceci que l’attribut d’indigence envers le Reel serait un accident pour les possibles, non essentiel pour eux. La realite verifiee, par l’assentiment, est bien plutot que la realite du possible n’est [rien d’autre] que l’indigence même et le rattachement a l’autre. Il est ombrageux d’existence, secretoire d’essence. Pour chacun d’entre les possibles il y a cependant une espèce d’imitation du Reel Très-Haut different en fonction de sa proximite et de sa lointainete, de la multiplicite de ses gangues et de leur paucite comme c’est le cas dans les miroirs, differents les uns des autres par les mesures, les positions et les polissages, qui imitent la forme d’une seule et même personne: ils diffèrent inevitablement, dans leurs imitations, en grandeur et petitesse, convexite et concavite, rectilignite et sinuosite, purete et impurete, alors même que ce qui est vu, en l’ensemblee d’eux, est une seule forme, invariante. Similaire est le statut des possibles pour ce qui est de recevoir l’epiphanie du Reel Premier et pour ce qui est de leur imitation de Son essence.

Ramenons le fil de notre propos la ou nous en etions et revenons aù [sujet] dont nous nous sommes separe, a savoir que le Necessaire Très-Haut n’aime que Lui-même, Son amour pour autre que Lui ne menant pas a une deficience en Lui-Exalte est-Il, bien au dessus de cela!

Ce qui est propose comme formules concernant Son amour pour

[un de]

un de

Ses serviteurs

Est sujet a interpretation et son sens

d’un point de vue plus

particulier que le point de

vue general

revient au retrait (kashf) du voile de son Coeur si bien qu’il Le voit de son Coeur, a la capacite qu’Il lui donne d’être proche de Lui et a la volonte qu’Il en a pour lui dans l’eternite46

Du fait de la force de sa preparation, qui se produit pour lui de par le flux le plus saint.

L’amour (hubb) [de Dieu]

-Très-Haut est-Il ! –

Pour celui qu’Il aime est donc eternal, pour autant qu’on le rapporte47 a [Sa] volonte eternelle

qui exige de donner a ce serviteur

la capacite de cheminer sur les voies de cette proximite.

et a [Sa] science eternelle de

l’aspect [pris par] l’ordre du Bien.

 

Et lorsqu’on le rapporte48 a Son action,

qui

au secours qu’Il lui apporte, a Sa guidance et au fait qu’Il lui facilite le chemin du Reel, par lequel se

Retire le voile du Coeur de Son serviteur, c’est un adventice

qui advient de par

procedant de

L’advenue de la raison qui l’exige

Ainsi que le Très-Haut l’a dit:

“Mon serviteur ne cesse de se

rapprocher de Moi par les oeuvres surerogatoires que Je l’aime”.

 

[et] qui est appelee “le flux sanctifie”.

[159] Il a ete fait allusion au premier [type d’amour49 par ces paroles]: “Le bienheureux est bienheureux dans l’eternite, et le miserable miserable a jamais”. Ainsi aussi en va-t-il des paroles de l’emir des croyants – sur lui la paix !: “Sachez-le d’une science certaine, quelque importante que soit la manoeuvre du serviteur, quelque forte que soit sa ruse et quelque intense que soit sa demande, Dieu ne lui alloue pas plus que ce qui est designe, pour lui, dans le Sage Rappel”.

Au deuxième [type d’amour50 il a ete fait allusion par Ses paroles]: “Dieu efface et etablit ce qu’Il veut. Auprès de Lui [se trouve] la Mère du Livre”.51

 

Le rapprochement

De ce [serviteur]

du serviteur

Par les oeuvres surerogatoires est une raison de la purete de son interieur, de l’enlèvement du voile de son Coeur et de son accession au degre de la proximite de son Seigneur. Tout cela

Est l’action (fi‘l) du Dieu Très-Haut et              relève de

Sa bonte (lutf)

envers lui. C’est [la] le sens de Son amour.

et de Son amour (mahabba) en Ses effets.

On ne comprendra

Ceci    

la difference entre l’amour dont il faut exempter (tanzih) le Dieu Très Haut et l’amour denue de deficience

que par un exemple. Le voice. Le roi peut rapprocher son serviteur de lui-même et l’autoriser en tout temps a être present a sa cour, du fait de l’inclination qu’il a, lui le roi, envers lui52

Et du fait du desir qu’il a de lui,

Soit pour qu’il l’aide

de sa force (bi-quwwati-hi),

(en etant proche de lui (bi-qurbi-hi)53,)

ou qu’il trouve le repos a le contempler, ou qu’il le consulte, pour son opinion, ou qu’il lui prepare de quoi

Manger et boire.

Boire et manger.

“Le roi l’aime” dira-t-on alors, le sens de cet [amour]

etant

[etant]

son inclination envers lui54

du fait de ce qu’il y a en lui comme accord avec lui [et] qui lui convient.

Ceci, c’est l’amour dont l’origine Est la deficience de l’amoureux, s’agissant de la perfection la plus complète. Or Dieu est trop saint pour une pareille chose !

 

                                                                      

[Le roi] peut aussi rapprocher [de lui-même] un serviteur et ne pas lui interdire d’entrer auprès de lui, non pour profiter

de lui ni pour recourir a son aide,

[de lui] et s’extasier devant un visage,55

mais parce que [ce] serviteur peut être decrit comme ayant des moeurs satisfaisantes et de louables qualites, si bien qu’il est normal qu’il soit proche [75] de la presence

du roi.

Des rois

et qu’il lui soit pleinement accorde d’être proche

de lui alors même que le roi n’a

fondamentale ment pas d’

d’eux en fonction de son merite a lui-

même, non parce que le roi aurait

quelque

objectif a son sujet. Lorsque donc

le roi enlève

est enleve

le voile entre lui et [le serviteur], on dit: “Il l’aime”. Et quand [le serviteur] acquiert ce qui, des qualites louables, exige que le voile soit enleve,56 on dit qu’il est arrive57 a se faire aimer du roi.

L’amour (hubb) de Dieu pour [Son] serviteur Est [a comprendre] au

Ce

Second sens

Seulement, non au                                            de l’amour (mahabba) convient au premier Très-Haut, non le

Premier sens.

Et il est seulement valide d’en donner comme Image [l’amour pris] au second sens

[Et ce,]

A la condition que ton entendement ne preconçoive point que qu’un changement intervient en Lui

-Très-Haut est-Il !-

en cas de renouvellement de la proximite. Le bien aime (habib), c’est donc le proche (qarib) de Dieu –Très-Haut est-Il !-,

et être proche de Dieu consiste a se tenir loin des attribues des bestiaux, des fauves et des diables, ainsi qu’a adopter les moeurs nobles, a savoir les moeurs divines.

C’est donc une proximite[Le

serviteur] est donc proche par l’idee et

Par l’attribut, non par le lieu. Celui qui n’etait pas proche et est devenu proche a change. Peut-être aura-t- on de ce fait pour opinion que lorsque la proximite se renouvelle, c’est

A

 la fois

L’etat (wasaf) du serviteur et [celui] du seigneur qui changent.

Ceci

C’est cependant absurde en ce qui concerne [160] le Dieu Très Haut. Il ne cesse pas, bien au contraire, d’être tel qu’il etait depuis l’eternite des eternites. Ce qui est dit la   

ne se decouvrira cependant qu’

Text Box: aux adeptes de la gustation et de l’etat [spirituels]

 

Au moyen d’un exemple relatif a la proximite entre les personnes.

 

Deux personnes peuvent se rapprocher l’une de l’autre en se mouvant toutes deux. L’une des deux peut aussi rester a sa place et l’autre se mouvoir, la proximite se produisant alors par un changement en l’une des deux, sans qu’il y ait de changement en l’autre. Il en va egalement ainsi de la proximite relative aux attribues. L’elève cherche a se rapprocher du degre de son maitre, pour ce qui est de la perfection de la science et de sa beaute, alors que le maitre se tient immobile en la perfection de sa science, sans descendre vers le degre de son elève. L’elève se meut et se hausse du perigee de l’ignorance au faite de la science. Il ne cesse pas de s’activer a changer et a se hausser, jusqu’a ce qu’il se rapproche de son maitre alors que ce dernier reste a sa place, sans changer. C’est ainsi qu’il convient de comprendre l’ascension du serviteur dans les degres de la proximite. Plus il devient parfait en ses attribues, plus son savoir est complet, plus il fait le tour des realites des choses, plus sa puissance se confirme pour ce qui est de triompher de Satan et de dompter ses passions, plus son exemption des vices devient manifeste, et plus il devient proche du degre de la perfection, le point extrême de la perfection appartenant a Dieu et la proximite de chacun par rapport au Dieu Très-Haut etant a la mesure de sa perfection. Eh oui, l’elève est capable de se rapprocher du maitre, de devenir son egal et de le depasser. Ceci, dans le cas de Dieu, serait cepen dant absurde. Il n’est en effet point de fin a sa perfection alors que le cheminement du serviteur dans les degres de la perfection est fini et n’aboutira qu’a une limite definie. Il ne s’attendra donc pas a devenir [Son] egal! En outre, les degres de la proximite forment une hierarchie egalement infinie, du fait de l’absence de fin pour une telle perfection.

[76] Bref, l’amour de Dieu pour [Son] serviteur consiste a le rapprocher de Lui en repoussant de lui les distractions et les desobeissances, en purifiant son interieur des impuretes de ce bas-monde et en enlevant le voile de son Coeur, si bien qu’il Le contemple comme s’il Le voyait de son Coeur.

Dan